Si vous vous promenez sur le parvis de Beaubourg, vous pourrez y voir le Pot Doré de Jean-Pierre Raynaud réalisé en 1985 qui a trouvé là sa place définitive. C’est une des œuvres les plus célèbres de l’artiste.
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› Emission réalisée par : Manhal Issa
Ce pot qui mesure à peu près 3m50, en polyester stratifié et recouvert à la feuille d’or a été réalisé pour la fondation Cartier à Paris, tout d’abord protégé sous une serre, puis il fait plusieurs expositions dont en 1996 à Berlin au dessus d’un chantier, suspendu à une grue puis exposé au cœur de la cité interdite à Pékin pour revenir sur la place du centre Pompidou en 1998, la fondation Cartier l’ayant prêté avant d’en faire don à l’ Etat l’année suivante.
Contrairement à toutes les autres œuvres dont les pots sont remplis de ciment, Ce Pot Doré est vide.
L’historien Jean Clair qualifie le travail de J.P Raynaud dans le Pot Doré de « spécimen de l’art des nains de jardin » trouvant que cet artiste s’enferme dans un bavardage rudimentaire intérieur, qui n’inspire que lui-même et qui ne peut être compris que par lui.
J.P Raynaud en réalisant ses œuvres a cherché dans ses fantasmes ce que la vie de tous les jours ne pouvaient lui apporter, pour se sentir un autre homme. Certains disent dans les années 80 que cet artiste a été surestimé grâce à la gauche politique où il avait des amis. On peut se poser la question d’où lui est venu son inspiration et l’orientation de ses œuvres vers le pot de fleurs : horticulteur de formation, il trouvait que le confinement des plantes dans un pot ne laissait pas la possibilité du développement des racines entraînant la mort des plantes, comme la fin de la vie.
L’idée lui vint de faire de ces pots, des sculptures pour leur forme géométrique et en leur donnant des couleurs, de ce fait il donne un vocabulaire plastique. Le paradoxe des couleurs entre ses anciennes œuvres de couleurs vives et le Pot Doré, il a « peut-être » voulu donner un côté plus positif.
Jean Clair de son vrai nom Gérard Régnier, historien de l’art ancien, directeur du musée Picasso de 1969 à 1979, il fut conservateur au musée d’art moderne entre 1980 et 1989 au cabinet d’art graphique du centre Pompidou.
Manhal ISSA


